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Séparer la revente de marchandises des prestations — 3200 vs 3400

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Séparer la revente de marchandises des prestations

Pourquoi la question se pose en commerce de comptoir

Un encaissement ne dit pas ce qui a été vendu. Worldline — versement CB-023 · 1 553.88 et Recettes espèces — clôture Z-0217 · 106.03 sont des montants sans nature : ils mélangent, dans un seul chiffre, la coupe à 68.00 et le shampooing revendu à 28.50.

Le chiffre d'affaires se pose donc légitimement en 3400 au moment de la saisie : c'est la nature dominante, et rien dans la ligne ne permet d'en distinguer une autre. La séparation, quand elle est possible, se fait ensuite, par reclassement.

Ne pas confondre avec la règle du journal des ventes (journal-des-recettes) : on ne redéroule jamais les ventes depuis une caisse pour les reposter — ça doublerait le CA. On déplace une part du 3400 déjà posé. Ce sont deux gestes opposés.

Le reclassement est NEUTRE — la preuve

D 3400 18 000.00 3400 : 171 000.00 → 153 000.00 C 3200 18 000.00 3200 : 0.00 → 18 000.00 ────────────────────────────── total des produits : INCHANGÉ

Les deux jambes sont dans la même classe. ΣD = ΣC, le résultat ne bouge pas, le bilan non plus. Un reclassement entre deux comptes de produit ne peut pas doubler un chiffre d'affaires — c'est arithmétiquement impossible.

Le doublement, lui, a une seule cause : reposer un encaissement déjà comptabilisé (reprendre le versement d'un acquéreur depuis l'export de caisse alors qu'il est déjà au relevé bancaire). Interdit, et sans rapport avec le geste décrit ici.

Les quatre situations — dire laquelle s'applique, toujours

Ce que le client a déposéCe qu'on faitCe qu'on dit
Export de caisse enregistreuserépartition MESURÉE, encaissement par encaissement« d'après le détail de ta caisse »
Livre de caisse qui NOMME les ventesidem, MESURÉE« d'après ton livre de caisse »
Rien, mais le client donne un montantrépartition DÉCLARÉE« d'après le montant que tu m'as indiqué »
Rien du touton ne fait RIEN« je n'ai pas de quoi distinguer tes ventes de produits ; donne-moi le montant et je les sépare »

Une répartition déclarée ne s'affiche jamais comme une répartition mesurée. Le client doit savoir si le chiffre vient de sa caisse ou de sa mémoire.

Et le quatrième cas n'est pas un silence : laisser 100 % du chiffre d'affaires en 3400 chez un commerce qui revend, c'est affirmer qu'il n'a rien revendu. C'est faux, pas prudent. On le dit.

RECOUPER AVANT DE DÉPLACER — la vérification qui évite le faux

Avant de sortir une part de revente d'un encaissement, compare le total de la pièce de détail pour la période au montant réellement encaissé : une journée pour une clôture de caisse, la semaine couverte pour un versement d'acquéreur.

S'ils ne tombent pas juste, les deux documents ne décrivent pas les mêmes ventes — et transposer une part d'une période sur une autre produit un chiffre faux qui a l'air juste. Cas vécu : une journée à 123.50 sur l'export face à une clôture de 106.03 ; les 6.50 de revente de l'export ne sont pas contenus dans les 106.03. Dans ce cas on ne déplace rien pour cette période, et on le dit avec la date et les deux montants.

Comment poser le reclassement

Une écriture par encaissement, à sa date. L'export de caisse donne, pour chaque journée et chaque mode de paiement, la part vendue en produits : c'est ce montant-là qu'on déplace, pas une clé de répartition. Jamais un bloc unique au 31.12 — il serait invérifiable et ferait disparaître le lien avec la vente réelle.

Quand la répartition est seulement déclarée (pas d'export), un mouvement par mois est acceptable : le client a donné un total, on ne peut pas inventer une ventilation quotidienne qu'il n'a pas fournie.

Si le compte de destination n'existe pas encore au plan du dossier, il faut l'enregistrer avant d'écrire (register_accounts) — sinon l'écriture est refusée.

Le signal qui déclenche la question — sans lire aucune pièce

Un compte de produit présent l'an dernier et vide cette année, alors que le chiffre d'affaires total augmente, est une anomalie arithmétique. Elle ne demande aucune lecture de document.

N-1 N
3400 104 000.00 168 067.39 +64 067
3200 12 200.00 0.00 −12 200 ← disparu
L'an dernier tu avais 12 200.00 de vente de produits sur un compte séparé. Cette année tout est sur un seul compte et tes prestations ont augmenté de 64 000. Tu as arrêté de revendre, ou faut-il que je les distingue ?

Les pièges

1. Les produits capillaires portent des noms de nourriture. Masque Coco & Monoï, Shampooing Miel & Amande, Lait de Coco, Beurre de Cacao, Gelée Royale, Huile d'Argan, Fructis. Ce sont des marchandises revendues (3200), jamais de l'alimentaire. Et l'inverse existe : Infusion capillaire et Smoothie capillaire sont des soins, pas des boissons.

2. Le département de la caisse ne suffit pas. Un petit commerce range souvent tout ce qui n'est pas une prestation dans un seul groupe « Produits », alimentaire compris. C'est le nom de l'article qui tranche, pas le groupe.

3. La revente n'est pas la consommation propre. Un shampooing utilisé au bac est une charge de matières (4200), pas une vente. Seul ce qui part avec la cliente est du 3200.

4. En méthode effective, l'alimentaire vendu au comptoir n'est pas au même taux que la revente de produits (2.6 % contre 8.1 %) : il lui faut alors son propre compte de produit. En TDFN, un seul taux forfaitaire s'applique à tout le chiffre d'affaires — la distinction reste utile pour la gestion, mais elle n'a aucun effet fiscal.